Le Plan Pluriannuel de Gestion : outil de travail du technicien rivière


Le PPG : qu'es aquo ?

Le syndicat de la vallée du Rance a pour mission la restauration et l'entretien des berges sur l'ensemble du bassin versant du Rance afin de limiter les dégâts liés aux crues. Le Plan Pluriannuel de Gestion (PPG) des berges est le principal outil mis en oeuvre par le syndicat pour répondre à cet objectif. Le PPG est mis en place pour 5 ans par le technicien rivière en collaboration avec les élus, les partenaires techniques et financiers et les usagers.

A l'heure actuelle le deuxième Programme Pluriannuel de Gestion (PPG 2008-2013) est terminé, le troisième PPG (2016-2021) est en cours d'élaboration. Sa mise en place comprend plusieurs phases, décrites ci-après :

Phase 1 : état des lieux / diagnostic des cours d'eau

L'état des lieux / diagnostic des cours d'eau. Le technicien rivière prospecte l'ensemble des cours d'eau du bassin versant (environ 200km) à l'aide d'un topofil (appareil de mesure des distances) afin d'inventorier les désordres et les différents enjeux à mettre en avant.

Phase 2 : concertation / définition des actions

Partage du diagnostic avec les élus, riverains et partenaires financiers via des réunions publiques afin de tenir compte des pratiques et usages du territoire dans la définition des actions mises en place.

Phase 3 : chiffrage financier des opérations et rédaction

Rédaction à proprement parler du PPG pour les interventions à mettre en place accompagnées d'un chiffrage financier et rédaction de la Déclaration d'Intérêt Général.

 


Le PPG est divisé en 5 tranches de travaux (1 tranche par an), chacune comprenant environ 12 secteurs d’entretien du Rance ou de ses affluents. Les travaux sont financés à 60% par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, 20% par les Communes, 10% par le Conseil Général et 10% par le Conseil Régional.

 

Avant d'engager concrètement les travaux de chaque tranche, un relevé de terrain est effectué sur chaque secteur pour détaillé l'objectif des travaux. Après validation du projet par le conseil syndical et acquisition des arrêtés attributifs de subvention, un marché de travaux est mis en place et les entreprises sont mises en concurrence. Une fois l'ensemble des secteurs attribués, des autorisations de passage sont demandées aux propriétaires riverains et ces derniers informer de la nature et des objectifs des travaux.

 


Les travaux en photos

Le syndicat de la vallée du Rance effectue via des entreprises privées des travaux visant à restaurer et/ou entretenir une végétation variée et adaptée aux berges et à enlever les déchets flottants encombrant le lit du cours d'eau afin de prévenir d'éventuels dégâts liés aux crues. Ces travaux sont classés d'intérêt général par les préfectures de l'Aveyron et du Tarn. 


Retrait des embâcles (= accumulation de bois morts ou autre débris flottants dans le lit mineur).

Sur les photos : (photo de gauche avant travaux, photo de droite après travaux) un chêne tombé en travers du Liamou (affluent du Rance) et a été retiré du lit du cours d'eau.

Suppression des arbres dangereux, menacants de tomber dans le cours d'eau, malades ou dépérissants.

Sur la photo : un peuplier menacait de tomber dans le Rance, vient d'être abattu et va être retiré du cours d'eau.

Plantations sur des zones dévégétalisées pour favoriser la stabilité des berges et l'ombrage sur le cours d'eau.

Sur la photo : plantations sur le Toudoure.

Entretien systématique en amont des ponts sensibles aux inondations.

Sur la photo : le pont de la RD 60 sur le Mousse.

Entretien de la ripisylve par recépage et/ou élagage.

Sur la photo : entretien sur le Rance.


L'atteinte du bon état écologique des cours d'eau


suivie de la thermie

La Directive Cadre Européenne sur l’eau (DCE) demande aux états membre de l'Union Européenne d'atteindre ou de maintenir le bon état des cours d'eau d'ici 2021.  

Après une première description des cours d’eau du bassin du Rance, la plupart ont été classés en « bon état » ou en « très bon état » à l’exception de deux masses d’eau : Le Rance Aval (classé en « état médiocre ») et le Gos (affluent du Rance, classé en « état moyen »).

Les services de l'état ont déclassés ces 2 masses d'eau à cause des pressions sur l'hydromorphologie (morphologie des cours d'eau). C'est dans ce cadre que l'Agence de l'eau a demandé au syndicat et à la fédération pour la pêche et la protection des milieux aquatiques de l'Aveyron de réaliser un suivi de la thermie sur le bassin afin d'évaluer l’impact des chaussées sur le régime thermique estival du Rance.

En effet, les températures des cours d'eau sur notre territoire augmentent de façon significative chaque été. Les facteurs responsables de cet élévation sont multiples : tendance à une réduction de la pluviométrie en été en lien avec le réchauffement climatique, réduction des zones naturelles de rétentions d’eau, accroissement des prélèvements en période estivales, ralentissement et modification des écoulements induits par les seuils et autres plans d’eau. L’ensemble de ces facteurs, loin de simplement s’additionner, contribuent à amplifier le phénomène. Le suivi de la thermie sur le Rance, engager pour 3 ans, doit permettre à terme d’appréhender les bénéfices d’éventuelles actions réalisées sur les seuils.